Symbolique de l'usage de la cire d'abeille

Pourquoi utiliser de la cire d’abeille ? Ou plutôt : pourquoi éviter de faire fonctionner un diesel dans nos églises…

Nous savons que les cierges nous accompagnent tout au long de notre vie de croyant. Du baptême à la tombe, les petites flammes nous rappellent que le Christ est la Lumière qui dissipe les ténèbres.

D’ailleurs c’est l’évêque du lieu lui-même qui allume le premier cierge dans une église lors de sa consécration. À l’époque d’une utilisation systématique et admise de l’électricité pour assurer la fonction utilitaire de l’éclairage, l’importance symbolique du cierge est plus qu’évidente.

Il est le reflet de notre état d’esprit intérieur et il ne peut plus être question d’aspect pratique ou de préoccupation matérielle. En effet, seuls les produits les plus nobles et exempts de l’idée de saleté peuvent être apportés en offrande au Saint des saints. Aurions-nous l’idée de déposer un bouquet de fleurs en plastique devant une icône ou sur un autel ? Pourtant c’est plus économique car ça dure bien plus longtemps que des fleurs fraîches….

Quand il est acheté à l’entrée du temple, le cierge est le symbole de notre offrande, de notre sacrifice non sanglant, de notre foi car il devient le signe de la communion de l’homme avec le feu divin. Quant au chrétien qui n’a pas les moyens de se rendre à un office, par le fait d’allumer une bougie et de prier devant une icône il s’associe, malgré son éloignement physique de la communauté paroissiale, à la lumière de Dieu. La cire d’abeille ainsi que l’huile d’olive vierge sont déjà mentionnées dans les Canons Apostoliques et leur vol étant considéré comme un crime contre l’Eglise, le coupable était passible de l’excommunication pure et simple (cf.canons articles 71 et 72).

Saint Siméon, liturgiste du XV-ème siècle et évêque de Salonique explique de manière parfaite pourquoi seule la cire d’abeille peut entrer dans la composition d’un cierge. Selon lui, tout d’abord, la pure cire d’abeille représente la pureté de nos intentions, la sincérité de notre offrande et notre état intérieur prêt à brûler pour le Seigneur. La cire peut également être imprimée tout comme notre âme qui porte l’empreinte du signe de la croix reçu lors de notre baptême et la chrismation.

Comme élément malléable et souple, la cire symbolise notre obéissance et notre possibilité de repentir devant nos péchés. Elle est fabriquée à partir de fleurs parfumées et de ce fait elle représente la grâce de l’Esprit Saint. Issue d’une multitude de plantes, elle est comme une offrande d’une multitude de chrétiens.

Enfin, en tant que combustible, elle symbolise notre nature nettoyée par le feu divin tandis que la flamme qu’elle génère, d’une belle couleur dorée et chaude, sans odeur nauséabonde, est l’image de la puissance de notre amour mutuel et de la paix qui doit régner entre nous.

Il est bon également de citer ces mots du Pape Benoit XVI lors de son homélie pascale du 7 avril 2012 (cf. libreria Editrice Vaticana) concernant le cierge pascal qui est allumé lors de la Veillée pascale : « Le grand hymne de l’Exultet, que le diacre chante au début de la liturgie pascale, nous fait encore remarquer d’une façon très discrète un autre aspect. Il rappelle que ce produit, la cire, est dû en premier lieu au travail des abeilles. Ainsi entre en jeu la Création tout entière. Dans la cire, la création devient porteuse de lumière. Mais, selon la pensée des Pères, il y a aussi une allusion implicite à l’Église. La coopération de la communauté vivante des fidèles dans l’Église est presque semblable à l’œuvre des abeilles. Elle construit la communauté de la lumière. Nous pouvons ainsi voir dans la cire un rappel fait à nous-mêmes et à notre communion dans la communauté de l’Église, qu’elle existe afin que la lumière du Christ puisse illuminer le monde ».

Enfin, nous rapportons un extrait du livre de Malachie, texte magnifique et terrible sur les conditions requises pour un culte authentique – (Ml, 1, 5) (traduction de la TOB nouvelle édition revue de 1994) : « Un fils honore son père, un serviteur, son maître. Or si je suis père, où est l’honneur qui me revient ? Et si je suis maître où est le respect qui m’est dû ? vous déclare le Seigneur, le Tout-puissant, à vous les prêtres qui méprisez mon nom. Et vous dites : « – En quoi avons-nous méprisé ton nom ? » – En apportant sur mon autel un aliment impur. Et vous dites « – En quoi t’avons-nous rendu impur ? » – En affirmant : « la table du Seigneur est sans importance ». Et quand vous présentez au sacrifice une bête aveugle, n’est-ce-pas mal ? Et quand vous en présentez une boiteuse et une malade, n’est-ce-pas mal ? (…) Après quoi essayez donc d’apaiser Dieu pour qu’Il vous prenne en pitié ! C’est de vos mains que cela vient. (…) Je ne prends aucun plaisir en vous, dit le Seigneur le Tout-puissant. Et l’offrande, je ne l’agrée pas de vos mains. Car du Levant au Couchant grand est mon nom parmi les nations. En tout lieu, un sacrifice d’encens est présenté à mon nom ainsi qu’une offrande pure car grand est mon nom parmi les nations. (…) Maudit soit le fraudeur qui possédant un mâle dans son troupeau, fait un vœu et sacrifie une bête tarée ! Car je suis un grand
Roi, dit le Seigneur, le Tout-puissant, et mon nom inspire la crainte parmi les nations. »

Il n’y a rien à dire après ces mots… Soyons donc sains de corps et d’âme et évitons de venir salir et polluer nos église par l’utilisation de produits chimiques nocifs !