Et dans nos églises ?

Et dans nos églises ?

Pourquoi vend-t-on des cierges ou des bougies dans l’enceinte d’une église ?

La vue d’un comptoir où il est question d’argent à l’entrée de l’église peut nous faire penser aux échoppes de ces vendeurs que le Christ enjoignait de chasser du Temple… Il s’agit en fait de choses bien différentes !

Sur les marches du Temple, les marchands hiérosolomytains agissaient pour eux-mêmes et étaient guidés par l’esprit du profit.

La paroisse, en vendant des cierges, permet en premier lieu au fidèle d’offrir un sacrifice au Seigneur. Ensuite, et cela est essentiel, elle assure ainsi en grande partie ses frais de fonctionnement.

A l’heure actuelle, de nombreuses personnes sont heureuses de baptiser leurs enfants, de se marier ou bien d’enterrer leurs chers disparus religieusement mais elles oublient allègrement qu’en dehors de ces évènements ponctuels les bâtiments et les clercs qui rendent cela possible doivent être soutenus de façon continue… La dîme n’est plus à la mode mais nous voulons de beaux locaux et un bel office avec de beaux servants !

Les recettes de la vente de cierges représentent aujourd’hui souvent plus d’un tiers des revenus de la paroisse. D’ où l’importance d’un juste prix.

Et c’est dans cet esprit qu’œuvre la Ciergerie Marthe et Marie.

Symbolique de l’usage de la cire d’abeille

Symbolique de l'usage de la cire d'abeille

Pourquoi utiliser de la cire d’abeille ? Ou plutôt : pourquoi éviter de faire fonctionner un diesel dans nos églises…

Nous savons que les cierges nous accompagnent tout au long de notre vie de croyant. Du baptême à la tombe, les petites flammes nous rappellent que le Christ est la Lumière qui dissipe les ténèbres.

D’ailleurs c’est l’évêque du lieu lui-même qui allume le premier cierge dans une église lors de sa consécration. À l’époque d’une utilisation systématique et admise de l’électricité pour assurer la fonction utilitaire de l’éclairage, l’importance symbolique du cierge est plus qu’évidente.

Il est le reflet de notre état d’esprit intérieur et il ne peut plus être question d’aspect pratique ou de préoccupation matérielle. En effet, seuls les produits les plus nobles et exempts de l’idée de saleté peuvent être apportés en offrande au Saint des saints. Aurions-nous l’idée de déposer un bouquet de fleurs en plastique devant une icône ou sur un autel ? Pourtant c’est plus économique car ça dure bien plus longtemps que des fleurs fraîches….

Quand il est acheté à l’entrée du temple, le cierge est le symbole de notre offrande, de notre sacrifice non sanglant, de notre foi car il devient le signe de la communion de l’homme avec le feu divin. Quant au chrétien qui n’a pas les moyens de se rendre à un office, par le fait d’allumer une bougie et de prier devant une icône il s’associe, malgré son éloignement physique de la communauté paroissiale, à la lumière de Dieu. La cire d’abeille ainsi que l’huile d’olive vierge sont déjà mentionnées dans les Canons Apostoliques et leur vol étant considéré comme un crime contre l’Eglise, le coupable était passible de l’excommunication pure et simple (cf.canons articles 71 et 72).

Saint Siméon, liturgiste du XV-ème siècle et évêque de Salonique explique de manière parfaite pourquoi seule la cire d’abeille peut entrer dans la composition d’un cierge. Selon lui, tout d’abord, la pure cire d’abeille représente la pureté de nos intentions, la sincérité de notre offrande et notre état intérieur prêt à brûler pour le Seigneur. La cire peut également être imprimée tout comme notre âme qui porte l’empreinte du signe de la croix reçu lors de notre baptême et la chrismation.

Comme élément malléable et souple, la cire symbolise notre obéissance et notre possibilité de repentir devant nos péchés. Elle est fabriquée à partir de fleurs parfumées et de ce fait elle représente la grâce de l’Esprit Saint. Issue d’une multitude de plantes, elle est comme une offrande d’une multitude de chrétiens.

Enfin, en tant que combustible, elle symbolise notre nature nettoyée par le feu divin tandis que la flamme qu’elle génère, d’une belle couleur dorée et chaude, sans odeur nauséabonde, est l’image de la puissance de notre amour mutuel et de la paix qui doit régner entre nous.

Il est bon également de citer ces mots du Pape Benoit XVI lors de son homélie pascale du 7 avril 2012 (cf. libreria Editrice Vaticana) concernant le cierge pascal qui est allumé lors de la Veillée pascale : « Le grand hymne de l’Exultet, que le diacre chante au début de la liturgie pascale, nous fait encore remarquer d’une façon très discrète un autre aspect. Il rappelle que ce produit, la cire, est dû en premier lieu au travail des abeilles. Ainsi entre en jeu la Création tout entière. Dans la cire, la création devient porteuse de lumière. Mais, selon la pensée des Pères, il y a aussi une allusion implicite à l’Église. La coopération de la communauté vivante des fidèles dans l’Église est presque semblable à l’œuvre des abeilles. Elle construit la communauté de la lumière. Nous pouvons ainsi voir dans la cire un rappel fait à nous-mêmes et à notre communion dans la communauté de l’Église, qu’elle existe afin que la lumière du Christ puisse illuminer le monde ».

Enfin, nous rapportons un extrait du livre de Malachie, texte magnifique et terrible sur les conditions requises pour un culte authentique – (Ml, 1, 5) (traduction de la TOB nouvelle édition revue de 1994) : « Un fils honore son père, un serviteur, son maître. Or si je suis père, où est l’honneur qui me revient ? Et si je suis maître où est le respect qui m’est dû ? vous déclare le Seigneur, le Tout-puissant, à vous les prêtres qui méprisez mon nom. Et vous dites : « – En quoi avons-nous méprisé ton nom ? » – En apportant sur mon autel un aliment impur. Et vous dites « – En quoi t’avons-nous rendu impur ? » – En affirmant : « la table du Seigneur est sans importance ». Et quand vous présentez au sacrifice une bête aveugle, n’est-ce-pas mal ? Et quand vous en présentez une boiteuse et une malade, n’est-ce-pas mal ? (…) Après quoi essayez donc d’apaiser Dieu pour qu’Il vous prenne en pitié ! C’est de vos mains que cela vient. (…) Je ne prends aucun plaisir en vous, dit le Seigneur le Tout-puissant. Et l’offrande, je ne l’agrée pas de vos mains. Car du Levant au Couchant grand est mon nom parmi les nations. En tout lieu, un sacrifice d’encens est présenté à mon nom ainsi qu’une offrande pure car grand est mon nom parmi les nations. (…) Maudit soit le fraudeur qui possédant un mâle dans son troupeau, fait un vœu et sacrifie une bête tarée ! Car je suis un grand
Roi, dit le Seigneur, le Tout-puissant, et mon nom inspire la crainte parmi les nations. »

Il n’y a rien à dire après ces mots… Soyons donc sains de corps et d’âme et évitons de venir salir et polluer nos église par l’utilisation de produits chimiques nocifs !

Cierges, bougies et traditions

Cierges, bougies et traditions

Les cierges ainsi que les lampes à huile font partie intégrante de la vie liturgique chrétienne.

Déjà dans l’Ancien Testament il est fait mention de ces objets : le service du Temple ne pouvait se faire sans lampes car le Seigneur lui-même l’avait prescrit (Exode 40,5-25) et n’oublions pas que l’une des plus grandes fêtes juives, Hanoukka, est directement liée à un miracle de lumières…

La Bible fourmille de références à la lumière.Juste après la création de la terre et du ciel, il est dit dans la Genèse que Dieu créa la lumière et la sépara des ténèbres. Elle lui obéit, elle est Son vêtement, elle est la manifestation de Sa Sagesse et le signe physique de Sa présence. Dans les Psaumes, elle a un rôle eschatologique et guide l’homme vers le salut.

Les Évangiles ne sont pas en manque et on peut citer pour exemple cet extrait de Saint Jean (Jn 8,2) où le Christ nous annonce Lui-même « Je suis la lumière du monde, qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres mais aura la lumière de la vie ».

Dans les Actes des Apôtres, écrits qui datent vraiment des premiers temps du Christianisme et qui relatent comment s’installait la Tradition, il est question de supports de lumière tels que les lampes et les flambeaux (exemple dans Actes 20,8). Utilisés en quantité, ils montrent l’importance symbolique de la lumière qui ne servait plus seulement à éclairer le local mais également à illuminer les âmes par ce qu’elle pouvait évoquer.

La « Tradition Apostolique » de Saint Hippolyte de Rome mentionne le rite du Lucernaire qui précédait le repas rituel de l’agape où, le diacre ayant apporté une lampe, l’évêque au centre du groupe des fidèles louait Dieu pour ce don de lumière physique et spirituelle.

Dans les offices orthodoxes, il y a un passage important des vêpres au cours duquel il est chanté que le Christ est « la Lumière joyeuse de la sainte gloire du Père immortel ». Tout au long de notre vie paroissiale nous sommes donc accompagnés par les cierges. Dans l’ordo catholique, la Chandeleur (qui a la même étymologie que la chandelle) est célébrée par de grandes processions où brillent les bougies qui illuminent la Présentation au Temple. Le cierge pascal est l’un des points d’orgue de la Vigile pascale. De même, dans le rituel orthodoxe, le cierge a une charge symbolique importante. Les fidèles sont bénis au cours des liturgies pontificales par leur évêque qui fait le signe de croix au-dessus des têtes inclinées avec, dans les mains, deux chandeliers particuliers appelés « dikerion » (porteur de deux bougies symbolisant les deux natures du Christ) et « trikerion » (porteur de trois bougies pour évoquer la Trinité).

Au commencement du parcours chrétien, les fonts baptismaux sont surmontés de trois cierges pour indiquer que le sacrement est réalisé au nom de la Trinité et les parrains et marraines tiennent une bougie pour signifier que leurs filleuls sont sortis des ténèbres et sont prêts à brûler pour Dieu. De même, lors du mariage, les mariés gardent à la main un cierge allumé en signe d’amour et d’engagement béni par l’Église. Lors de l’office de l’onction, les sept cierges qui sont utilisés symbolisent les sept dons de l’Esprit Saint. Enfin, pendant les funérailles, le défunt est accompagné par des bougies, brûlant autour du cercueil ou bien dans les mains des participants qui prient pour que l’âme de la personne qu’ils pleurent trouve le chemin vers la lumière du Royaume.

Rien n’est donc anodin dans l’utilisation des cierges. Si nous suivons le conseil du saint apôtre Paul, nous devons nous efforcer à être « à présent lumière dans le Seigneur » (Eph.5 , 8) et la bougie allumée avec dévotion et humilité est alors le reflet de notre désir de nous fondre dans l’Amour lumineux de Dieu.